Précis : Comment encourager les filles et les jeunes femmes à s’intéresser aux sciences, à la technologie, au génie et aux mathématiques?

Au début de leur scolarité, les filles sont aussi bonnes en mathématiques que les garçons, mais, vers l'âge de 15 ans, les garçons commencent à les surpasserNote de bas de page 1, et elles voient conséquemment leurs choix d’études postsecondaires et de carrière se réduire.

Les femmes continuent de dominer les domaines qui sont traditionnellement considérés comme féminins, tels que l'enseignement et les sciences infirmières — des domaines où les revenus sont plus faibles que dans ceux dominés par les hommesNote de bas de page 2.

« Il y a environ une chance sur 286 qu'une fillette inscrite en première année obtienne un doctorat en sciences ou en génie (une chance sur 167 du côté des garçons). Aujourd'hui, un seul élève d'une école élémentaire canadienne de taille moyenne recevra un doctorat, et ce sera probablement un garçon. »Note de bas de page 3

Persistance des rôles sexués traditionnels

  • La majorité des filles et des garçons font encore des choix d'études et de carrière fondés sur ce qu'ils estiment approprié pour leur sexe.
  • Les sciences et la technologie sont encore considérées comme des domaines masculins et les stéréotypes négatifs sur les filles et les femmes qui les choisissent persistent. Par exemple, les filles croient que les garçons n'aiment pas celles qui excellent en physiqueNote de bas de page 4.
  • Les cheminements de carrière des jeunes femmes et des jeunes hommes servent aussi à perpétuer les rôles sexués traditionnels.
  • Les filles et les jeunes femmes continuent de choisir des programmes d'études postsecondaires considérés comme « féminins », par exemple les sciences infirmières et l'enseignement, et elles sont moins susceptibles de s'inscrire en sciences, en technologie, en génie ou en mathématiquesNote de bas de page 5.
  • Des études montrent que les filles en particulier en viennent à croire qu’elles ne peuvent envisager certaines carrières,  parce qu’elles seraient « inappropriées » pour leur sexeNote de bas de page 6.
  • Les stéréotypes négatifs (p. ex. « les filles ne sont pas bonnes en mathématiques ») peuvent mener à l'anxiété de performance et se traduire par de mauvais résultats. Les élèves performantes qui cherchent à défier les stéréotypes négatifs peuvent, en fait, être plus vulnérables à leur poidsNote de bas de page 7 et plus donc stressées durant les examensNote de bas de page 8.
  • D'après une étude de l'Organisation de coopération et de développement économiques, les garçons canadiens « semblent avoir plus de facilité à maîtriser les connaissances scientifiques, tandis que les filles semblent avoir une meilleure vue d'ensemble, qui leur permet d'identifier les questions d'ordre scientifique dans une situation donnée »Note de bas de page 9.
  • La même étude constatait que les filles avaient des perceptions beaucoup plus négatives des mathématiques, ce qui pouvait influencer leur choix d'études et de carrière. Une fois les effets du rendement en mathématiques neutralisés, les filles affichent :
    • une confiance moindre dans leur capacité à résoudre des problèmes mathématiques précis;
    • une confiance moindre dans leur capacité d'apprentissage des mathématiques;
    • une angoisse plus grande face aux mathématiquesNote de bas de page 10.
  • L'étude concluait également que les filles étaient moins susceptibles de croire que les mathématiques seraient utiles pour leur carrière; elles en tiraient aussi moins de plaisir et y portaient moins d'intérêtNote de bas de page 11.

Études postsecondaires et carrière

  • Les jeunes femmes sont majoritaires dans les programmes d'apprentissage traditionnellement féminins et sont sous-représentées dans ceux traditionnellement dominés par les hommes. Par exemple, en 2010, les femmes comptaient pour environ 94 % des inscriptions aux programmes d'éducation et d'assistance de la petite enfance, mais seulement 3,16 % des inscriptions aux programmes d'apprentissage en électricitéNote de bas de page 12.
  • En 2008, on comptait seulement 22 % de diplômées à la sortie des programmes en architecture, en génie et dans les services connexes (une légère hausse par rapport à 18 % en 1990). Dans les programmes de mathématiques, d’informatique et de sciences de l'information, le pourcentage de diplômées était de 30 %, en légère baisse par rapport à 35 % en 1990Note de bas de page 13.
  • La plupart des femmes occupent encore des emplois traditionnellement féminins. En 2012, les femmes comptaient pour 81,24 % des effectifs dans le secteur de la santé et près de 92 % dans les services à l'enfance et les services de soutien à domicileNote de bas de page 14.
  • Les femmes demeurent nettement minoritaires dans les professions liées aux sciences naturelles et appliquées, comme le génie, la physique et la chimie. En 2012, elles occupaient seulement 21,6 % des emplois dans ces domainesNote de bas de page 15.

Comment encourager les filles et les jeunes femmes à s'intéresser aux sciences, à la technologie, au génie et aux mathématiques?

  • Commencer jeune. Il faut encourager tôt les filles à développer leur intérêt et leurs compétences dans ces domainesNote de bas de page 16.
  • Faire front commun. Les parents, le personnel enseignant, les intervenants communautaires et l'industrie doivent tous participer à la remise en question des stéréotypes et offrir un encouragement aux fillesNote de bas de page 17.
  • Offrir des exemples et du mentorat. Les filles doivent pouvoir rencontrer des femmes qui travaillent en science, en technologie, en génie et en mathématiques, apprendre d'elles et s’imaginer suivant leurs traces pour arriver à dépasser les stéréotypes et à explorer leur potentielNote de bas de page 18.
  • Offrir des stages. Il faut exposer les filles à de nouvelles idées et activités pour qu'elles envisagent des professions jusqu’ici considérées comme étant masculinesNote de bas de page 19.

Pour en savoir plus, consultez Au-delà des apparences : Dossier d'information sur les principaux enjeux touchant les filles au Canada (2013) de la Fondation filles d'action, accessible à l’adresse girlsactionfoundation.ca/fr/au-del-des-apparences-dossier-d-information-sur-les-principaux-enjeux-touchant-les-filles-au-canada.

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

STATISTIQUE CANADA. Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, chapitre sur l’éducation, 2011. Disponible à l’adresse : http://www.statcan.gc.ca/pub/89-503-x/2010001/article/11542-fra.htm. Consulté le 18 avril 2013.

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Note de bas de page 2

STATISTIQUE CANADA. Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, chapitre sur le travail rémunéré, 2011. Disponible à l’adresse : hhttp://www.statcan.gc.ca/pub/89-503-x/2010001/article/11387-fra.htm. Consulté le 18 avril 2013.

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Note de bas de page 3

CONSEIL DE RECHERCHES EN SCIENCES NATURELLES ET EN GÉNIE DU CANADA. Les femmes en sciences et en génie au Canada, p. 3, Ottawa, 2010. Disponible à l’adresse : http://www.nserc-crsng.gc.ca/_doc/Reports-Rapports/Women_Science_Engineering_f.pdf. Consulté le 18 avril 2013.

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Note de bas de page 4

KESSELS, U. « Fitting Into the Stereotype: How Gender-Stereotyped Perceptions of Prototypic Peers Relate to Liking for School Subjects », European Journal of Psychology of Education, no 20, pp 309-323, 2005.

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Note de bas de page 5

STATISTIQUE CANADA. Femmes au Canada : rapport statistique fondé sur le sexe, chapitre sur l’éducation, 2011.

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Note de bas de page 6

WATSON, M. et M. McMAHON. « Children’s Career Development: A Research Review from a Learning Perspective », Journal of Vocational Behavior 67, 2, pp. 119-32, 2005.

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Note de bas de page 7

CENTRE FOR RESEARCH ON GIRLS AT LAUREL SCHOOL. Shielding Students from Stereotype Threat: a Guide for Teachers. Disponible à l’adresse : www.laurelschool.org/about/documents/stereotypeTHREAT.pdf, s. d. Consulté le 18 avril 2013.

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Note de bas de page 8

Ibid.

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Note de bas de page 9

« À la hauteur : résultats canadiens de l’étude PISA de l’OCDE - La performance des jeunes du Canada en sciences, en lecture et en mathématiques : premiers résultats de 2006 pour les Canadiens de 15 ans », p. 38, cité dans Les femmes en sciences et en génie au Canada, CRSNG, p. 6-7, 2010.

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Note de bas de page 10

Ibid, p. 7.

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Note de bas de page 11

Ibid, p. 7.

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Note de bas de page 12

« À la hauteur : résultats canadiens de l’étude PISA de l’OCDE - La performance des jeunes du Canada en sciences, en lecture et en mathématiques : premiers résultats de 2006 pour les Canadiens de 15 ans », p. 38, cité dans Les femmes en sciences et en génie au Canada, CRSNG, p. 6-7, 2010.

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Note de bas de page 13

CANADA. CONDITION FÉMININE CANADA. Coup d’œil sur la situation des femmes au Canada : sommaire statistique, 2012. Disponible à l’adresse : http://www.swc-cfc.gc.ca/rc-cr/stat/wic-fac-2012/sec6-fra.htmll. Consulté le 18 avril 2013.

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Note de bas de page 14

CANADA. STATISTIQUE CANADA. Enquête sur la population active (EPA), estimations selon la Classification nationale des professions pour statistiques (CNP-S) et le sexe, tableau CANSIM 282-0010.

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Note de bas de page 15

Ibid.

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Note de bas de page 16

CANADA. PARLEMENT. CHAMBRE DES COMMUNES. Comité permanent de la condition féminine, numéro 036, 1re session, 41e législature, 2012, témoignage de madame Jennifer Flanagan, présidente‑directrice générale de Actua, Canada; numéro 034, 1re session, 41e législature, 2012, témoignage de madame Linda Hasenfratz, directrice générale, Linamar Corporation.

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Note de bas de page 17

Ibid.

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Note de bas de page 18

CANADA. PARLEMENT. CHAMBRE DES COMMUNES. Comité permanent de la condition féminine, numéro 036, 1re session, 41e législature, 2012, témoignage de madame Jennifer Flanagan, présidente-directrice générale de Actua, Canada; numéro 033, 1re session, 41e législature, 2012, témoignage de madame Tricia Robertson, directrice générale, Techsploration; numéro 033, 1re session, 41e législature, témoignage de madame Margaret Ann Armour, présidente du conseil d’administration, Centre canadien pour les femmes ingénieures, scientifiques, technologies et de métiers; numéro 025, 1re session, 41e législature, témoignage de madame Cara Coté, première vice‑présidente, Fédération canadienne de femmes de carrières professionnelles et commerciales (BPW Canada).

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Note de bas de page 19

CANADA. PARLEMENT. CHAMBRE DES COMMUNES. Comité permanent de la condition féminine, numéro 033, 1re session, 41e législature, témoignage de madame Margaret Ann Armour, présidente du conseil d’administration, Centre canadien pour les femmes ingénieures, scientifiques, technologies et de métiers, Canada.

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