« Appel à la mobilisation des hommes et des garçons »
Ce que nous avons entendu : Rapport des tables rondes sur la mobilisation des hommes et des garçons pour faire avancer l’égalité des genres

Message de la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres et du secrétaire parlementaire

Maryam Monsef
L'honorable Maryam Monsef
Terry Duguid
Terry Duguid

L’été dernier, nous avons parcouru le pays pour tenir une série de tables rondes quant à la mobilisation des hommes et des garçons dans l’atteinte de l’égalité des genres.

La promotion de l’égalité des genres profite à toutes et à tous, y compris aux hommes et aux garçons, et elle est essentielle pour trouver des solutions durables aux défis auxquels nous devons faire face en tant que nation. Non seulement ces tables rondes nous ont permis de mieux comprendre comment nous pouvons aller de l’avant, mais elles nous ont aussi donné l’occasion d’en apprendre davantage sur bon nombre d’initiatives déjà en cours.

Nous avons appris, par exemple, que des hommes autochtones jeûnaient pour exprimer leur volonté de mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles. Nous avons entendu parler d’organismes de femmes qui offrent des services de soutien aux hommes et aux garçons qui ont été victimes de violence sexuelle. Nous avons entendu les témoignages de groupes travaillant avec de jeunes hommes sur la sexualité saine, le consentement et la santé mentale. Nous avons pris connaissance du travail accompli par différents centres de quartier et groupes confessionnels, ainsi que par de nombreux projets en entreprises et dans les milieux universitaires, pour mobiliser les hommes et les garçons sur un large éventail de questions liées à l’égalité des genres.

Le gouvernement du Canada s’est engagé à remettre en question les stéréotypes, les attitudes et les comportements sexistes désuets et à contribuer à les changer. Ce faisant, nous continuerons à honorer le travail des organisations de femmes, le leadership autochtone et la longue tradition de défense des droits des personnes de la diversité sexuelle. Nos efforts auprès des hommes et des garçons doivent s’ajouter à notre travail continu et important auprès des femmes et des filles. 

Nous savons que nous ne pouvons pas simplement nous concentrer sur les problèmes. Nous devons chercher des solutions. Pour ce faire, les hommes et les garçons doivent prendre part à la conversation, puisque le passage à l’action et le changement durable ne sont possibles qu’avec leur contribution.

Le présent rapport vise à résumer les différents points de vue que nous avons entendus et à amorcer le processus qui mènera à l’établissement d’une stratégie fédérale. Nous veillerons à ce que notre stratégie soit fondée sur la vérité et la réconciliation avec les peuples autochtones, en incluant des programmes et des services culturellement adaptés. Notre démarche tiendra également compte d’autres facteurs identitaires qui se recoupent, comme les handicaps, la race, les réalités rurales, l’identité de genre, l’orientation sexuelle et le statut socioéconomique.

Un grand merci à toutes les personnes qui ont participé à cette conversation pancanadienne et à toutes celles qui font ce travail au quotidien. Un merci tout spécial à notre équipe de Femmes et Égalité des genres Canada qui a su mettre tout cela ensemble. Nous avons appris qu’il faut beaucoup de courage pour que le mouvement féministe inclue les hommes et les garçons, et qu’il faut du courage pour que les hommes et les garçons se lèvent et ouvrent la voie avec nous. La tâche qui nous attend ne sera pas facile, mais elle sera couronnée de succès si nous faisons preuve de patience quant au rythme du changement et si nous agissons avec diligence dans nos collaborations. Les Canadiennes et les Canadiens ont demandé au gouvernement d’agir et, grâce à ces travaux, nous répondons à leur demande de leadership fédéral. Nous prêcherons par l’exemple. Nous continuerons de favoriser la collaboration afin d’établir des relations et renforcer notre soutien et notre financement pour les pratiques exemplaires existantes et les nouvelles façons de faire. Nous attendons avec impatience de mettre à profit ce que nous avons appris au cours de ce processus et de poursuivre notre travail en faveur de l’égalité entre les genres.

Bonne lecture.

L’honorable Maryam Monsef, C.P., députée
Ministre du Développement international et ministre des Femmes et de l’Égalité des genres

Terry Duguid, député
Secrétaire parlementaire de la ministre des Femmes et de l’Égalité des genres

Résumé

Plus de 200 participantes et participants de partout au pays se sont réunis avec le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres dans le cadre d’une série de tables rondes pour partager leurs idées et leur expertise sur la mobilisation des hommes et des garçons en faveur de l’égalité des genres. Les personnes participantes représentaient une grande diversité de perspectives et d’expérience de vie, de secteurs et de professions, ainsi que l’étendue géographique de notre pays.

Les discussions de la table ronde ont toujours été riches en contenu et axées sur la franchise. Le volume et la diversité des commentaires recueillis ont permis de dégager des perspectives faisant émerger quatre principes thématiques.

Thème 1 : Cerner les comportements persistants qui contribuent à l’inégalité pour commencer à s’en défaire

Des croyances et des attitudes persistantes, enracinées et systémiques sont au cœur de l’inégalité entre les genres. Il reste beaucoup à faire pour lutter contre ces croyances qui sont la clé d’un changement de comportement constructif. Nous devons nous assurer que personne n’est exclu de ce processus. En le fondant dans un respect mutuel et en reconnaissant les différentes réalités des hommes, ce travail peut encourager les hommes à faire partie de la solution.

Thème 2 : Remettre en question et changer les normes, attitudes et comportements négatifs par la responsabilisation et la guérison

Pour aller de l’avant, il est essentiel de modéliser des actions et des comportements positifs. Cela signifie que nous devons créer des espaces où les hommes peuvent se parler, où ils peuvent commettre des erreurs et où ils peuvent eux aussi guérir des traumatismes et de la violence historiques et systémiques. Pour ce faire, une approche à long terme comportant plusieurs volets s’impose pour établir l’équilibre entre le soutien et la responsabilisation.

Thème 3 : Soutenir les efforts par la création de réseaux, le partage de connaissances et la prise de mesures

De nombreuses organisations et personnes grandement impliquées dans ce travail ont fait part d’un sentiment d’isolement et d’un manque de liens. Il serait possible d’accélérer et d’accentuer le changement grâce à une plus grande collaboration, à l’échange de connaissances et à la collecte de données. Selon les personnes participantes, il s’agit d’un domaine où le gouvernement du Canada pourrait jouer un rôle important.

Thème 4 : Responsabilisation et rareté des ressources

Aucune discussion sur les stratégies visant à mobiliser les hommes et les garçons ne peut avoir lieu en dehors du contexte plus large du travail sur l’égalité des genres avec les femmes et les filles. Une approche visant à mobiliser les hommes et les garçons ne doit pas contribuer aux inégalités structurelles dans le financement des femmes et des filles, et doit reconnaître le leadership des mouvements des femmes et des personnes de la diversité sexuelle pour l’orientation de cette approche.

Ces quatre thèmes ont confirmé la nécessité de considérer la mobilisation des hommes et des garçons comme un élément essentiel de la réalisation de l’égalité des genres pour toutes et pour tous. Ils servent de guide dans l’élaboration d’une stratégie nationale visant à mobiliser les hommes et les garçons.

Contexte

Le gouvernement du Canada croit que, si nous voulons bâtir un pays plus fort et plus prospère, nous devons veiller à ce que chaque personne ait une chance réelle et équitable de réussir. Même s’ils représentent des concepts dépassés et discrédités depuis longtemps, les rôles traditionnellement impartis aux femmes et aux hommes demeurent d’importants freins à la réalisation du plein potentiel de nombreuses personnes. Les obstacles à la réussite sont plus grands pour les femmes, les filles, ainsi que les personnes transgenres, non binaires ou bispirituelles, qui se voient offrir moins de possibilités simplement en raison de qui elles sont.

Pour régler ce problème, le gouvernement du Canada prend un certain nombre de mesures pour progresser vers l’égalité des genres et favoriser une société inclusive. Il s’agit notamment d’initiatives visant à réduire les écarts salariaux entre les sexes, à encourager une participation plus diversifiée aux postes de direction politique et économique, à lutter contre la pauvreté et le manque de perspectives économiques, à aider les familles à concilier travail et responsabilités familiales, et à prévenir et contrer la violence fondée sur le sexe.

Les femmes et les organisations de femmes ont demandé davantage d’argent pour soutenir leur travail essentiel à l’avancement de l’égalité des genres, et notre gouvernement a écouté. Le budget de 2019 offre des résultats pour les femmes grâce à un investissement historique dans les organisations de femmes. Ce sont 160 millions de dollars sur cinq ans qui ont été annoncés, amenant ainsi l’investissement dans les organisations de femmes à 100 millions de dollars par année d’ici 2023-2024. Ce financement permettra aux organisations de femmes et aux organisations autochtones qui servent les femmes d’éliminer les obstacles systémiques qui freinent l’avancement des femmes tout en reconnaissant et en recensant les différentes expériences relatives au genre et à l’inégalité partout au pays.

Ces efforts comprennent également la sensibilisation des Canadiennes et des Canadiens aux avantages de l’égalité des genres, par exemple en organisant un forum national sur l’importance de mener des analyses comparatives entre les sexes des programmes et des politiques du gouvernement (ACS+), en dirigeant une conversation nationale sur l’égalité des genres avec les jeunes Canadiennes et les jeunes Canadiens, et en élaborant une stratégie pour encourager plus de garçons et d’hommes à prendre part aux discussions et à agir sur les questions d’égalité.

Le ministère des Femmes et de l’Égalité des genres (auparavant Condition féminine Canada) a entrepris une série de tables rondes avec des intervenantes et des intervenants de partout au pays, leur demandant de présenter leur expérience et leurs idées sur la meilleure façon de mobiliser les hommes et les garçons, ainsi que sur le rôle du gouvernement fédéral pour faire progresser l’égalité des genres.

Au cours de ces réunions, il est apparu clairement que les hommes et les garçons doivent participer à la discussion, en partie parce qu’ils sont eux aussi lésés par les stéréotypes dépassés sur leurs propres identités et que, par conséquent, ils bénéficieront eux aussi d’une plus grande égalité des genres.

Même si les tables rondes ont mis en évidence l’ampleur du travail en cours aux quatre coins du Canada pour faire participer les hommes et les garçons à cette question, elles ont aussi révélé de nombreux effets négatifs que peuvent avoir les concepts désuets des genres sur les hommes et les garçons. Les pressions irréalistes exercées par la société et les pairs pour ce qui est d’être un « vrai homme », de toujours être la source de revenus, de refuser l’aide, laquelle constitue un signe de faiblesse, ou de répondre avec agressivité à tout défi simplement parce que « c’est ce que font les hommes ». La recherche a montré que ces stéréotypes sexistes rigides peuvent entraîner de graves problèmes tels que des maladies liées au stress ou l’abus de substances, voire, dans certains cas, le suicide.

Il est donc essentiel de faire participer les hommes et les garçons à l’atteinte de l’égalité des genres et au démantèlement de ces rôles hommes-femmes rigides et nuisibles pour obtenir de meilleurs résultats tant pour les femmes et les filles, les hommes et les garçons ainsi que les personnes non binaires.

Les personnes qui ont participé aux tables rondes ont été invitées à donner leur avis sur les principes de base de la participation des hommes et des garçons à la promotion de l’égalité des genres. Elles ont également discuté des obstacles à la participation de différents groupes d’hommes et de garçons et échangé de l’information sur les modèles et les pratiques efficaces. On a également demandé aux personnes participantes de donner leur point de vue sur le rôle du gouvernement fédéral dans ce domaine. Le présent rapport résume ces discussions.

Pourquoi cherchons-nous à mobiliser les hommes et les garçons en tant que partenaires de l’égalité des genres?

« Ce moment d’illumination où les hommes ont pris conscience qu’ils sont des êtres sexués et que cette fameuse inégalité des genres a des répercussions sur eux aussi. »

Traduction d’une citation recueillie en table ronde

Tout le monde est touché par des normes, des attitudes et des comportements négatifs et désuets qui peuvent limiter la capacité des gens à réaliser leur plein potentiel. Au cours des discussions, nous avons appris que les femmes, les filles, les personnes de la diversité sexuelle et les personnes non binaires doivent encore faire face à des obstacles importants, comme la discrimination, le harcèlement, la violence fondée sur le sexe et le manque d’accès aux possibilités.

« Les normes liées au genre sont les normes et les attentes auxquelles les femmes et les hommes se conforment de manière générale, dans le cadre propre à une société, à une culture et à une communauté donnée à un moment précis. » (Traduction; Institut européen pour l’égalité entre les hommes et les femmes)

Nous avons également entendu que, si les hommes et les garçons peuvent tirer profit d’une société dominée par les hommes, ils peuvent aussi être aux prises avec des attentes sociales injustes (c’est-à-dire obligation d’avoir l’air d’un dur, incapacité d’exprimer leurs émotions, pressions associées à la responsabilité du soutien financier). Certains hommes et garçons peuvent également être marginalisés en raison de facteurs identitaires individuels, comme leur âge, leur race, leur religion, leur éducation, leur orientation sexuelle et leur statut socioéconomique.

Les hommes et les garçons peuvent aussi être limités par des idées restrictives sur la masculinité et ce que signifie être un homme. Mobiliser les hommes et les garçons sur ce front peut également entraîner de meilleurs résultats pour eux, en favorisant des communautés et des milieux de travail sains, un meilleur équilibre au point de vue du partage des responsabilités professionnelles et familiales, ainsi qu’un contexte positif pour les relations hommes-femmes et les identités et expressions de genre.

« C’est le moment idéal au Canada pour amorcer une conversation plus que nécessaire sur la participation des hommes et des garçons à leur identité en tant que personnes sexuées et sur ce que cela signifie d’être un homme. »

Jake Stika, Next Gen Men

Des mouvements tels que #MoiAussi et #TimesUp ont permis d’étendre les discussions importantes sur la réalité des relations inégales entre les genres qui profitent à quelques personnes, mais qui font taire et blessent beaucoup d’autres. Ces discussions révèlent les abus perpétrés par certains hommes et démontrent également que les attitudes et comportements négatifs à l’égard de la violence fondée sur le sexe sont plus répandus que beaucoup ne le pensent. Ces mouvements ont engendré de vastes discussions, attendues depuis trop longtemps, au sein de la population, des communautés, des entreprises et des gouvernements à propos du lien existant entre les inégalités et la violence fondée sur le sexe.

Il est essentiel de mobiliser les hommes et les garçons en tant que partenaires de l’égalité des genres. Les hommes et les garçons peuvent contribuer à l’autonomisation des femmes en s’efforçant de modifier les attitudes, normes et comportements marqués par les préjugés qui limitent les possibilités et les résultats des femmes au travail, à la maison et dans la communauté. Fait plus important encore, ils peuvent donner l’exemple en rejetant les comportements violents à l’égard des femmes, des filles et des personnes non binaires ainsi qu’en étant prêts à s’exprimer chaque fois qu’ils voient de la violence ou du harcèlement à l’égard des femmes, des filles et personnes transgenres ou non binaires. Un mouvement s’amorce entre les Canadiennes et les Canadiens, les gouvernements et la société civile. Sur les plans international et national, il est de plus en plus reconnu que l’atteinte de l’égalité des genres requiert la participation de tout le monde, y compris des hommes et des garçons. La Commission de la condition de la femme des Nations Unies appelle les pays à mobiliser pleinement les hommes et les garçons à œuvrer activement en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes et des filles.

Une occasion à ne pas manquer s’offre au Canada, étant donné ses efforts de longue date dans ce domaine, de réaliser des progrès réels et significatifs vers une société équitable et inclusive en mettant à contribution les hommes et les garçons. L’adoption par le Canada d’une stratégie fédérale visant à mobiliser les hommes et les garçons pour faire avancer l’égalité des genres ferait du Canada un chef de file mondial et représenterait un engagement important en vue d’instaurer une société plus inclusive qui donne à tous la possibilité de réaliser leur plein potentiel.

Tables rondes

Les tables rondes ont réuni plus de 200 personnes de partout au pays pour qu’elles présentent leur expérience et leurs points de vue sur la meilleure façon de faire participer les hommes et les garçons à la promotion de l’égalité des genres. Les participantes et les participants comprenaient des représentants d’organismes communautaires travaillant sur un éventail de questions et de programmes liés à la participation des hommes et des garçons en vue de l’égalité des genres, ainsi que des universitaires, des dirigeants communautaires et des représentants de groupes de défense des personnes handicapées, des personnes de la diversité sexuelle, des personnes âgées, des peuples autochtones, des communautés racialisées, des étudiants, des jeunes, des organisations religieuses, le secteur privé, des syndicats et autres.

Des tables rondes ont été tenues à Winnipeg, à Moncton, à St. John’s, à Surrey, à Yellowknife, à Montréal, à Toronto et à Ottawa. En plus des discussions régionales, des consultations thématiques ont eu lieu sur des questions propres aux étudiants, aux jeunes Canadiennes et Canadiens, aux milieux de travail et à la participation des entreprises. Les tables rondes ont également permis de consulter les communautés de la diversité sexuelle, racialisées ou confessionnelles, les nouveaux arrivants et les Autochtones. Des membres de ces communautés ont également été invités à participer à chaque table ronde régionale afin de s’assurer que des voix diverses soient entendues dans tous les endroits. 

Ce que nous avons entendu

Les discussions en tables rondes visant principalement à établir les principes de base à suivre pour mobiliser les hommes et les garçons en faveur de l’égalité des genres et à faire connaître des modèles et des pratiques qui se sont avérés efficaces à cette fin.

Dans l’ensemble, nous avons entendu que la participation des hommes et des garçons est essentielle pour instaurer et maintenir une société inclusive et que les efforts en ce sens devraient refléter la diversité des hommes et des garçons. De nombreuses personnes sont intervenues pour indiquer que les voix des hommes et des garçons ne devaient pas avoir la priorité sur celles des femmes et des filles, et que les ressources ne devaient pas être détournées du travail important des organisations qui répondent aux besoins des femmes et des filles. Pour les personnes participantes, il est évident que le gouvernement a un rôle important à jouer en faisant preuve de leadership, en établissant des normes et en veillant à ce que nos efforts convergent vers l’objectif de promouvoir l’égalité des genres. 

Les commentaires détaillés reçus sont regroupés sous les quatre thèmes qui suivent. Les discussions ont également permis de clarifier les principes clés, lesquels tendent à correspondre à chacun des thèmes particuliers.

Thème 1 : Cerner les comportements persistants qui contribuent à l’inégalité en vue de commencer à s’en défaire

« Il est important d’aller là où se trouvent les hommes, de rechercher leur participation à cet endroit et de créer des programmes qui sont adaptés aux besoins locaux et culturels des individus. Il n’existe pas d’approche qui convienne à tous. Des hommes et des garçons différents seront intéressés par des idées différentes. »

Traduction d’une citation recueillie en table ronde

Nous avons entendu qu’un aspect essentiel de la participation des hommes et des garçons consiste à les aider à se défaire de comportements profondément ancrés, persistants et institutionnalisés, qui sont à la source de l’inégalité des genres. Il s’agit notamment de leur faire prendre conscience de l’impact de ces inégalités sur les femmes, les filles, les personnes non binaires, ainsi que sur les hommes et les garçons eux-mêmes. Pour ce faire, il faut notamment remettre en question et changer des normes rigides et dépassées exprimées par des énoncés sexistes tels que « tu lances comme une fille » ou « les garçons ne pleurent pas ».

Les participantes et les participants étaient d’accord pour dire qu’il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine. Les idées et les valeurs qui engendrent la discrimination et l’inégalité sont partout. De l’avis des personnes qui sont intervenues, toute stratégie doit inclure un travail de sensibilisation auprès des Canadiennes et des Canadiens sur le fait que l’inégalité des genres persiste, que les hommes et les garçons en subissent les conséquences et qu’ils ont un rôle à jouer pour y mettre fin. Ce travail doit être adapté à la culture et au contexte dans lequel vivent les différents hommes et garçons. Il doit aussi partir du principe que les hommes et les garçons ont une conception du pouvoir et des privilèges qui leur est propre, de même qu’un accès différent à ceux-ci. Les hommes autochtones ayant un handicap, racialisés, gais, bisexuels ou transgenres ont pu vivre une expérience différente de celle d’autres groupes et ils subissent également d’autres préjudices fondés sur leur identité.

Il est essentiel de comprendre que l’identité a un impact sur la façon dont les gens conçoivent l’appartenance à un genre pour aider les hommes et les garçons à comprendre l’importance de favoriser l’égalité des genres, tant au niveau individuel que sociétal. Les tables rondes ont mis en lumière la nature complexe de l’identité et les recoupements qui peuvent exister entre différents facteurs identitaires, le genre et le sexe. Ces facteurs comprennent la race, la religion, l’âge, l’origine ethnique, les capacités ou besoins particuliers différents, le statut d’immigrant, l’orientation sexuelle et le statut socioéconomique, pour ne nommer que ceux-là. Cet élément revêt une importance particulièrement cruciale pour la collaboration avec les peuples autochtones, en permettant de reconnaître le patrimoine unique et la diversité culturelle des Premières Nations, des Inuits et des Métis.

Il a été généralement admis que les femmes, les filles, ainsi que les personnes transgenres et non binaires doivent faire face à des inégalités persistantes. Les personnes participantes ont souligné que la première étape pour comprendre pourquoi l’inégalité des genres existe toujours consiste à en identifier les racines (c’est-à-dire le patriarcat, le colonialisme, le racisme, le sexisme, l’homophobie, la transphobie et d’autres formes de discrimination). Ces formes de discrimination créent les normes et les stéréotypes qui renforcent les idées strictes de ce qu’un « homme » devrait être (il devrait se montrer dur et cacher ses émotions, être le soutien financier de famille), et ce, tout au long de sa vie. On nous a dit que ces stéréotypes demeurent présents dans le système d’éducation, au travail, sur les médias sociaux et même dans les simples interactions quotidiennes. Ils doivent être affrontés pour réussir à faire progresser l’égalité des genres.

Les personnes participantes ont convenu qu’il n’existe pas d’approche unique pour faire participer les hommes et les garçons. Une stratégie fédérale doit « aller là où les hommes se trouvent » pour contribuer à faire ressortir des exemples positifs de masculinité et aider les individus à se défaire d’attitudes et de comportements sexistes et nuisibles.

L’éducation est un élément essentiel de cet exercice. Il a été souligné que plus l’éducation débute à un jeune âge, plus elle est efficace, mais nous avons également entendu que les adultes ne peuvent être exclus de la conversation parce que l’apprentissage se fait aussi à l’âge adulte et au-delà des salles de cours.

Les hommes ont également des rôles différents et importants à jouer dans la promotion de l’égalité des genres en tant que gardiens des normes sociales, décideurs dans les institutions, pères de famille et personnes influentes dans les communautés. L’un des outils puissants pour sensibiliser les gens et ouvrir les portes au dialogue consiste à donner des exemples concrets de la façon dont les gens vivent l’inégalité et la discrimination. La présentation de vraies histoires, de vrais défis et de personnes inspirantes auxquelles il est possible de s’identifier en vue de procéder à des changements s’est avérée un moyen efficace de mobiliser les hommes et les garçons en faveur de l’égalité des genres.

Principle clé
  • Mettre l’accent sur l’inclusion et le respect des différentes expériences.
Principales constatations
  • Les efforts visant à mobiliser les hommes et les garçons doivent les appeler à participer.
    • Le point de départ du dialogue doit être le respect mutuel. Nous devons aller rejoindre les hommes et les garçons là où ils se trouvent et les inviter à faire partie de la solution, sans passer sous silence les mauvais comportements.
    • L’utilisation de récits personnels peut être très efficace pour ouvrir aux hommes et aux garçons de nouvelles voies à suivre pour changer les choses dans leur propre vie.
    • Les organismes communautaires sont plus directement impliqués auprès de leur collectivité. Ils sont mieux à même de communiquer avec les individus et d’identifier les lacunes et les ressources nécessaires pour promouvoir l’égalité des genres.
  • Un soutien doit être fourni pour tenir des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir les avantages de l’égalité des genres pour les hommes et les garçons et de lutter contre la prévalence des rôles négatifs fondés sur le genre.
    • Les efforts déployés doivent être souples et tenir compte des expériences et des identités uniques et de la façon dont elles sont liées.
    • Les campagnes devraient s’appuyer sur des preuves de ce qui fonctionne pour rejoindre divers groupes d’hommes et de garçons. 
  • Il est essentiel d’enraciner ce travail dans la culture, en particulier pour faire participer les hommes et les garçons autochtones. Le travail doit respecter le patrimoine unique et la diversité culturelle des Premières Nations, des Inuits et des Métis et s’appuyer sur les plus vastes efforts pour faire progresser la réconciliation.
    • Il s’agit notamment de reconnaître l’oppression et la discrimination dont les peuples autochtones sont victimes depuis des siècles et de reconnaître que le traumatisme intergénérationnel a créé des inégalités au sein des communautés autochtones. En effet, les concepts de patriarcat ont souvent été introduits dans les communautés autochtones par le colonialisme.
  • Ce travail doit également tenir compte du fait que les groupes racialisés ont subi une discrimination institutionnalisée et persistante fondée sur le racisme, le patriarcat et le colonialisme.

Thème 2 : Remettre en question et changer les normes, attitudes et comportements négatifs par la responsabilisation et la guérison

« Qui les garçons croient-ils être, au fond? Le fait de voir de jeunes hommes abandonner les stéréotypes de masculinité et s’assumer véritablement comme ils sont inspire un sentiment puissant. »

Traduction d’une citation recueillie en table ronde

On nous a dit que nous devions appuyer les initiatives qui aident les hommes et les garçons à remettre en question et à changer la société en favorisant des comportements équitables entre les genres. De nombreuses pratiques exemplaires permettent un changement positif d’attitude et de comportement chez les hommes et les garçons. Par exemple, l’utilisation de modèles à suivre s’est révélée particulièrement efficace pour faire participer les jeunes aux conversations sur des comportements sains et positifs (par exemple, dirigeants communautaires, célébrités, athlètes, chefs religieux ou aînés autochtones, entraîneurs et enseignants).

Présenter des mesures positives comme un exemple à suivre peut également s’avérer efficace pour susciter un changement dans le milieu des affaires. Par exemple, le fait de mettre en évidence les engagements et les progrès de certaines entreprises en matière d’égalité des genres peut en inciter d’autres à leur emboîter le pas. Miser sur ce qui fait la renommée d’une entreprise, plutôt que sur la dénonciation des aspects négatifs, a été présenté comme le moyen le plus productif de faire des avancées.

Les approches de guérison et de justice réparatrice ont également été jugées essentielles. Écouter et se laisser guider par l’expérience des victimes et des personnes survivantes, y compris comprendre les cycles de la violence causée par les traumatismes, est une forme de justice qui peut réparer les torts. Les communautés autochtones, par exemple, utilisent des approches réparatrices depuis des générations et certains de ces modèles sont utilisés lorsque les personnes survivantes ne veulent pas nécessairement avoir recours à la justice.

Il a aussi été jugé important que les hommes et les garçons disposent d’un espace sûr pour poser des questions et discuter d’enjeux tels que la masculinité saine, la pluralité des genres et les attentes et contraintes sociétales associées aux perceptions de ce que signifie « être un homme ». Les personnes participantes ont souligné que, même si ces espaces peuvent être créés dans les écoles (par exemple, programmes avant ou après l’école, alliances homohétéros en milieu scolaire), il est important que des espaces sûrs soient également créés dans d’autres endroits que les hommes et les garçons fréquentent.

« En tant que société, nous les laissons tomber [les hommes et les garçons] en disant qu’ils ne peuvent pas pleurer, c’est là que nous échouons. Je montre à mes jeunes garçons ma personnalité extérieure, mais aussi ma capacité de faire preuve de compassion, de pleurer, d’embrasser et d’aimer, voilà ce que c’est d’être un homme. » [traduction]

JR Rose, conférencier/avocat, joueur des Lions de la C.-B.

On nous a également parlé de l’importance du langage, en particulier du fait qu’il doit être accessible à différents groupes d’hommes et de garçons et qu’il doit trouver un écho parmi eux. Pour assurer l’utilisation d’un langage ouvert aux différentes identités, religions, cultures et origines, les participantes et les participants ont désigné des cadres pouvant être appliqués à cette fin (cadre féministe, axé sur les forces et les atouts, de nature confessionnelle, tenant compte des traumatismes ou centré sur la réduction des méfaits) ainsi que des démarches particulières et efficaces, comme l’approche antiracisme envers les Noirs. Les collectivités rurales ont également besoin d’approches spéciales qui tiennent compte de leur emplacement, de leur histoire et de toute contrainte supplémentaire.

Les personnes participantes nous ont dit que, afin de créer des milieux de travail sains, les employeurs et les organisations syndicales doivent sensibiliser la direction et le personnel à l’importance de l’égalité des genres. Les discussions ont porté sur la façon dont les politiques qui favorisent l’égalité des genres peuvent créer des changements positifs dans la culture du milieu de travail (par exemple, la promotion d’un congé parental partagé également entre les deux conjoints et des programmes de mentorat adaptés au genre).

Nous avons également entendu dire que l’augmentation du nombre de lieux de travail où l’égalité des genres est respectée peut se traduire par un plus grand nombre de foyers où cette égalité est aussi respectée. Par exemple, une augmentation de l’utilisation du congé parental par les hommes peut entraîner une augmentation du partage du travail rémunéré et non rémunéré dans les ménages et avoir des effets positifs sur les partenaires et les enfants.

Principles clés
  • Prévoir un espace pour les approches de guérison et de justice réparatrice pour les individus et les communautés.
  • Les efforts doivent avoir un effet transformateur sur les inégalités entre les genres, ce qui signifie remettre en question et changer les attitudes et les comportements qui causent du tort. Il ne suffit pas de travailler à l’objectif de l’égalité des genres ou d’organiser des ateliers pour les hommes. Les hommes et les garçons doivent diriger la transformation des éléments de la masculinité qui causent du tort aux autres, ainsi qu’aux hommes et aux garçons.
Principales constatations
  • Un financement durable à long terme est nécessaire, mais il ne doit pas réduire les ressources servant à répondre aux besoins des femmes et des filles. Il doit inclure un volet propre aux Autochtones pour lutter contre les effets persistants du colonialisme sur les hommes et les garçons autochtones ainsi que sur les communautés autochtones.
  • Il est nécessaire d’adopter une approche à plusieurs volets et à long terme pour remettre en question et soutenir le rôle que les hommes et les garçons doivent jouer dans la promotion de l’égalité des genres à la maison, dans la communauté et au travail.
    • L’éducation et la sensibilisation sont des outils importants. Il est essentiel de communiquer ces idées aux gens lorsqu’ils sont jeunes, car les normes et les attitudes liées au genre ont commencé à se consolider à l’adolescence. Cependant, il faut aussi des programmes pour adultes qui couvrent un large éventail de points d’accès (cours de compétences parentales, milieux de travail, direction, personnes responsables d’actes de violence et personnes qui y ont survécu, etc.).
  • Les participantes et les participants croient que les nouvelles possibilités de financement devraient cibler notamment les principaux groupes et enjeux suivants :
    • les milieux de travail ainsi que les petites et moyennes entreprises en réponse aux mouvements #MoiAussi et #TimesUp;
    • les jeunes scolarisés et non scolarisés, afin de susciter un appui précoce en faveur de l’égalité des genres chez les jeunes;
    • soutenir les partenariats entre les organismes communautaires, comme les organismes sans but lucratif, les organismes confessionnels et les organismes sportifs, afin de promouvoir l’égalité des genres de manière significative;
    • amplifier les voix des communautés de la diversité sexuelle et s’assurer que les besoins et préoccupations propres aux personnes de la diversité sexuelle sont pris en compte;
    • adopter une approche de guérison ou réparatrice en allant à la source de l’inégalité, en écoutant l’expérience des personnes blessées et en cherchant à briser les cycles de la violence et de l’inégalité.

Thème 3 : Soutenir les efforts par la création de réseaux, le partage de connaissances et la prise de mesures

« Le gouvernement peut apporter une aide en permettant d’établir des liens entre les gens et les idées. Certains organismes voudraient peut-être lancer une initiative et ne savent pas comment s’y prendre, alors qu’il y a sans doute quelqu’un à l’autre bout du pays qui est déjà passé par là et qui a déjà beaucoup de conseils à donner. »

Traduction d’une citation recueillie en table ronde

Le changement peut se faire par la création de réseaux, le partage de connaissances et la prise de mesures. Le fait de remettre en question et de changer les normes liées au genre exige des changements sociétaux importants et prendra du temps. Cela dit, les organismes ont souligné qu’ils doivent commencer le travail en concentrant leurs efforts sur les résultats qui peuvent être réalisés au niveau local. La communication de l’information, la collaboration et l’utilisation de pratiques exemplaires peuvent accélérer le processus.

Les personnes participantes ont illustré la créativité, le dynamisme, la passion et la mobilisation des mouvements de défense de l’égalité au Canada. Elles ont également présenté de nombreux modèles solides provenant de partout au pays et du monde entier, et elles ont souligné que des tables rondes comme celles-ci sont d’importantes occasions d’échanger, d’apprendre et de former des réseaux en vue d’un véritable changement à long terme.

« Cette [table ronde] a été formidable, car je n’avais pas entendu parler de tous ces autres organismes étant donné que je me trouve ailleurs, sur la côte [Est]. Mais la Colombie-Britannique et l’Ontario parlent de ce qu’ils ont accompli, de sorte que nous n’avons pas à réinventer la roue. Il nous suffit d’établir un lien pour savoir qui appeler en cas de besoin. J’ai besoin de savoir avec qui je peux travailler, qui peut profiter à cette communauté, avec qui je vais apprendre et avec qui je dois communiquer. Nous devons travailler avec notre communauté, en tant que prestataires de services, et laisser notre ego de côté. Nous devons faire preuve d’inclusivité. » [Traduction]

Diedre Smith, Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick

Les personnes participantes ont convenu que le gouvernement a un rôle à jouer en appuyant la recherche et la création d’une base de connaissances et en aidant à traduire et à diffuser l’information pour appuyer un mouvement croissant d’organismes et de personnes qui travaillent à susciter la participation des hommes et des garçons.

Chaque table ronde nous a permis de constater que ces discussions ont apporté d’autres avantages en offrant des occasions de réseautage et en permettant la création de liens entre les personnes et les organisations au cours des séances. Un certain nombre de personnes ont indiqué que les tables rondes ont permis à des collègues de partout au pays d’établir des liens, de se communiquer des pratiques exemplaires et des leçons apprises, et de créer des réseaux et des partenariats pour amplifier et renforcer leurs efforts.

Par ailleurs, il subsiste un défi de taille en raison des données limitées dont on dispose actuellement sur les attitudes et les normes, en particulier les données ventilées par facteur identitaire. Bien qu’il soit essentiel de constituer une base de données probante, les participantes et les participants ont souligné que les communautés doivent participer au processus pour s’assurer qu’il est fondé sur des expériences sur le terrain et que les données sont utiles aux organisations.

Les personnes participantes ont souligné que les ministères fédéraux ne doivent pas travailler indépendamment les uns des autres dans ce dossier et que le gouvernement du Canada n’est qu’un acteur parmi d’autres qui travaillent à mobiliser les hommes et les garçons en faveur de l’égalité des genres. On nous a dit que les gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux, la société civile et les organisations communautaires ont tous un rôle tout aussi important à jouer et que des partenariats internes et externes sont nécessaires.

La participation des hommes et des garçons n’est qu’un volet de l’objectif plus vaste qu’est l’égalité des genres. Des questions telles que l’équité salariale, le logement abordable, l’inégalité des revenus, la pauvreté, la réduction des disparités salariales, la discrimination institutionnalisée contre les Autochtones, l’amélioration des services de garde d’enfants, la fin du harcèlement au travail et la prestation de soins de santé adéquats sont également considérés comme des facteurs cruciaux pour lutter contre l’inégalité des genres.

Principles clés
  • Promouvoir la collaboration et les partenariats pour élargir les connaissances et les ressources, et mieux en tirer parti.
  • Mettre l’accent sur des approches fondées sur des données probantes et des résultats réalistes.
Principales constatations
  • Bon nombre d’intervenantes et d’intervenants ont réclamé une approche pangouvernementale et ont insisté sur la nécessité d’un leadership du gouvernement fédéral pour apporter des changements institutionnalisés aux mandats, aux lois et aux politiques en vue d’assurer l’égalité des genres à long terme.
    • Le gouvernement fédéral pourrait également jouer un rôle de chef de file auprès d’autres administrations et travailler en vue d’une action nationale cohésive.
  • Le gouvernement a un rôle à jouer pour amplifier et soutenir le travail des organisations.
    • Cela nécessiterait la création d’un réseau d’échange d’information et de possibilités de mobilisation continue pour établir de véritables relations à long terme au sein des gouvernements, de la société civile et des collectivités, et entre eux, ce qui mènerait à des efforts soutenus et fondés sur des données probantes.
    • Veiller à ce que le financement, la recherche et la collecte de données contribuent à l’établissement d’un programme durable.
  • Recueillir un ensemble de données de référence et d’indicateurs sur les perceptions, les rôles hommes-femmes et les avantages de l’égalité des genres pour les hommes et les garçons.

Thème 4 : Responsabilisation et rareté des ressources

« Ce travail ne doit pas détourner l’attention, le financement, les besoins, ni le soutien des organisations de femmes, mais plutôt les compléter pour atteindre de façon efficace l’égalité des genres. »

Traduction d’une citation recueillie en table ronde

La question des ressources est une préoccupation de longue date dans le mouvement des femmes lorsqu’il s’agit de travailler avec les hommes et les garçons. Les personnes participantes se sont dites préoccupées par le fait qu’il reste beaucoup à accomplir pour faire progresser l’égalité des genres au Canada au-delà de la participation des hommes et des garçons et que le financement de leur participation doit provenir de nouvelles sources, et non être soustrait des fonds accordés aux organisations de femmes.

Il a également été indiqué que tout accroissement des ressources consacrées à la mobilisation des hommes et des garçons en matière d’égalité des genres doit respecter les objectifs et reconnaître le leadership du mouvement des femmes et les efforts des mouvements de défense des droits des personnes de la diversité sexuelle.

De nombreux organismes, y compris ceux dont le mandat premier consiste à appuyer les services destinés aux femmes et aux filles, travaillent déjà sur la question, mais de nouveaux fonds sont nécessaires pour soutenir les projets et initiatives visant expressément à mobiliser les hommes et les garçons. Le manque de financement soutenu à cette intention complique le maintien du savoir, la mise à l’échelle et la dotation en personnel. Les personnes participantes ont insisté sur la nécessité d’accroître le soutien et l’accès au financement et ont souligné que les modèles de financement actuels, comme le financement à court terme par projet, ne sont pas durables.

« Je pense qu’il est nécessaire de faire participer les hommes et les garçons aux questions liées à l’égalité des genres et, tout en le faisant d’une manière qui examine les causes profondes de la violence sexiste, il est nécessaire que les hommes et les garçons soient liés à leurs organisations locales de femmes et qu’ils demandent “Que puis-je faire pour aider?” »

Annie Chau, coordonnatrice de projet, Antigonish Women’s Resource Centre & Sexual Assault Services Association

Principles clés

Les ressources destinées à mobiliser les hommes et les garçons ne doivent pas être tirées des ressources qui sont consacrées à promouvoir l’égalité des genres pour les femmes et les filles ou aux efforts pour soutenir les personnes non binaires.

Principales constatations
  • Un financement durable à long terme est nécessaire, mais il ne doit pas accaparer de ressources destinées à répondre aux besoins des femmes et des filles.
  • Le travail visant à mobiliser les hommes et les garçons en tant que partenaires dans la promotion de l’égalité des genres doit reconnaître le leadership des mouvements des femmes et des personnes de la diversité sexuelle pour s’assurer de ne pas brimer les idéaux de l’égalité des genres.
  • Les parties prenantes ont demandé que le gouvernement du Canada fasse preuve de leadership en mettant en œuvre, à l’extérieur de Femmes et Égalité des genres Canada, des initiatives qui favorisent une culture de l’égalité des genres dans l’ensemble de la fonction publique.
    • Cela comprend les milieux de travail traditionnellement dominés par les hommes, y compris les Forces armées canadiennes et la Gendarmerie royale du Canada.

La voie à suivre – Le rôle du Gouvernement du Canada

Les constatations des tables rondes sont claires : les hommes et les garçons font partie intégrante de l’atteinte de l’égalité des genres au Canada. Guidées par le travail de pionnier du mouvement des femmes et des organismes de la diversité sexuelle, les personnes participantes ont affirmé qu’il faut s’efforcer de remettre en question les attitudes et les comportements qui mènent à des inégalités fondées sur le genre pour que toutes les personnes au Canada aient une chance égale et équitable de réaliser leur plein potentiel social et économique.

Le présent rapport résume certaines des principales constatations portant sur un large éventail de questions abordées par les parties prenantes. À partir de ces constatations, nous avons cerné trois rôles primordiaux que le gouvernement fédéral devra assumer dans toute nouvelle stratégie.

Être un chef de file

Les personnes participantes ont demandé que le gouvernement fédéral joue un rôle de chef de file et témoigne de ses progrès en matière d’égalité des genres, à titre d’employeur et d’institution d’importance au pays. Il peut également jouer un rôle actif dans l’amplification et la diffusion des normes, attitudes et comportements qui favorisent l’égalité des genres. En ancrant les activités dans le cadre d’une stratégie visant à faire participer les hommes et les garçons à un ensemble de principes, le gouvernement peut contribuer à faire progresser les objectifs en matière d’égalité des genres et d’une société plus saine et plus inclusive.

Être un rassembleur

Pour faire évoluer les normes, les comportements et les attitudes fondés sur le genre, il faudra un engagement soutenu au fil du temps. Il sera nécessaire d’instaurer une collaboration avec des partenaires du gouvernement, des autres ordres de gouvernement, des organisations non gouvernementales et de la société civile pour bâtir ensemble des communautés saines.

Le gouvernement fédéral peut faciliter la collaboration d’une manière souple qui tient compte de l’intersectionnalité entre différents enjeux touchant les hommes et les garçons. Il faut rencontrer les hommes et les garçons là où ils se trouvent, à la fois dans leur expérience de vie et dans leur compréhension actuelle de l’égalité des genres.

En outre, nous examinerons le rôle que les hommes et les garçons doivent jouer dans les efforts qui visent à favoriser l’égalité des genres dans leur foyer, leur communauté et leur milieu de travail afin de réaliser des progrès durables dans la lutte contre les inégalités des genres et les normes sociales inéquitables.

Apporter soutien et financement

Dans la mesure du possible, le gouvernement fédéral devrait financer et appuyer les activités de sensibilisation et aider les organismes à renforcer leurs capacités. Ces investissements devraient être durables et axés sur des activités qui s’attaquent aux causes profondes de l’inégalité entre les genres.

En outre, la recherche, le partage de données probantes et l’amélioration des données sont nécessaires à la création de connaissances et de réseaux à long terme pour promouvoir l’égalité des genres. Le gouvernement fédéral a un rôle important à jouer dans l’établissement de cadres et la diffusion de pratiques exemplaires qui peuvent être utilisés à grande échelle.

Conclusion

Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont pris le temps de nous faire part de leurs réflexions sur une stratégie et à leur assurer que nous apprécions à leur juste valeur leur expertise et leurs efforts. Le présent rapport ouvre la voie aux prochaines mesures que prendra le gouvernement du Canada en vue de mobiliser les hommes et les garçons en tant que partenaires dans la progression vers l’égalité des genres.

La contribution des personnes participantes aux tables rondes a été essentielle pour mettre en lumière les sources de préoccupation et les pistes de réflexion, ainsi que pour montrer le potentiel et le caractère prometteur de la participation des hommes et des garçons à la promotion de l’égalité des genres. Nous avons été témoins d’une communauté d’actrices et d’acteurs dynamiques, diversifiés et passionnés qui travaillent toutes et tous à concrétiser notre vision commune d’un avenir où chaque personne peut réaliser son plein potentiel.

Fait plus important encore, nous avons entendu haut et fort que les hommes sont un élément essentiel de la solution. L’égalité des genres est la clé du progrès pour les femmes, les filles et les personnes non binaires, mais elle est également essentielle pour les hommes et les garçons. Lorsque ces derniers sont appelés à prendre part aux conversations sur l’égalité des genres et encouragés à agir, les résultats pour toutes et tous s’en trouvent considérablement améliorés, et tout le monde en sort gagnant.

Liste des organisations participantes
  • 4-H Canada
  • À cœur d’homme
  • Action Travail des Femmes
  • Activistes LGBTQ2+
  • Alberta Council of Women’s Shelters
  • Alberta Native FC Association
  • Alberta Network of Immigrant Women
  • Alliance canadienne des associations étudiantes
  • Alliance pour la prévention du sida en Asie du Sud
  • Alternatives North
  • Angkor Gold
  • Antigonish Women’s Resource Centre and Sexual Assault Services Association
  • Arctic Indigenous Wellness Foundation
  • Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador
  • Association canadienne de musulman(nes) avec handicap
  • Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique
  • Association des femmes autochtones du Canada
  • Association franco-culturelle de Yellowknife
  • Association nationale des centres d’amitié
  • Association of Workplace Educators of Nova Scotia
  • Autumn House/Cumberland County Transition House Association
  • Centre des jeunes de Bathurst Youth Centre
  • BC Aboriginal Network on Disability
  • BC Native Women’s Society
  • BC Society of Transition Houses
  • BC Teachers Federation
  • Beam Diversity Consulting
  • Bibliothèque et centre d’informatique Atwater
  • Black CAP
  • BMO
  • Boys & Girls/Brothers & Sisters
  • Break the Silence on Violence against Women – Blue Bombers de Winnipeg
  • Bridges Institute
  • Campagne du ruban blanc – Canada
  • Campagne du ruban blanc – Nouveau-Brunswick
  • Canadian Men Shed Association
  • CARAS/Juno Awards/MusiCounts
  • Caribbean African Canadian Social Services
  • Catalyst Canada
  • Centre 519
  • Centre canadien pour la diversité des genres et de la sexualité
  • Centre d’aide aux victimes d’agression sexuelle de Fredericton
  • Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles Kawartha
  • Centre d’amitié de Thunder Bay
  • Centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick (CAFI)
  • Centre de crise et de prévention des agressions sexuelles de Terre-Neuve-et-Labrador
  • Centre de ressources et de crises familiales Beauséjour Inc.
  • Centre de toxicomanie et de santé mentale
  • Centre for Social Intelligence
  • Centre Ma Mawi Wi Chi Itata
  • Centre pour femmes
  • Chambre de commerce de Winnipeg
  • Changing Ways
  • Chinese Community Policing Centre
  • CIBC
  • Citizen Empowerment Project
  • Clubs Garçons et Filles du Canada
  • Coalition d’Ottawa contre la violence faite aux femmes
  • Collège Aurora
  • Commission des étudiants du Canada
  • Comox Valley Transition Society
  • Condition de la femme des T. N.-O.
  • Congrès du travail du Canada
  • Conseil canadien des femmes musulmanes
  • Conseil canadien des fournisseurs autochtones et de minorités visibles
  • Conseil des femmes de l’Assemblée des Premières Nations
  • Conseil des femmes du Nouveau-Brunswick
  • Conseil du statut de la femme de St. John’s
  • Conseil jeunesse du premier ministre
  • Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick
  • Conseil ontarien des organismes de service aux immigrants
  • Conseil tribal Gwitch’in
  • Consultant auprès du gouvernement de la Nouvelle-Écosse
  • Cornerbrook Women’s Centre
  • Cowichan Intercultural Society
  • Deloitte
  • Égale Action
  • Ending Violence Across Manitoba
  • Ending Violence Association of BC
  • ENSEMBLE pour le respect de la diversité
  • Équitas
  • Excellence sportive de l’île de Montréal
  • Expériences Canada
  • Facebook Canada
  • Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants
  • Fédération canadienne des étudiantes et étudiants
  • Fédération des femmes du Québec
  • Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick
  • Fédération des maisons d’hébergement pour femmes
  • Fédération des nations indiennes de la Saskatchewan
  • Femmes Autochtones du Québec
  • Femmes autochtones du Québec
  • Femmes de la Nation métisse
  • Festival de films Inside Out
  • Futurpreneur Canada
  • Gillian’s Place
  • Glasgow Anglican Church of Canada
  • Grands Frères Grandes Sœurs
  • GRIS / Groupe de Recherche et d’Intervention Sociale
  • Groupe d’aide et d’information sur le harcèlement sexuel au travail de la province de Québec
  • Haven Society BC
  • Healthy Relationship Youth Program
  • ICT Association of Manitoba
  • Immigration Partnership Winnipeg
  • Indigenous Engineering and Inclusion
  • Indigenous Works
  • Interval House
  • Islamic Relief Canada
  • Jeune Chambre de commerce de Montréal
  • John Howard Society
  • Jordan’s Principle Service Miawpukek First Nation Conne River Health and Social Services
  • Justice alternative du Suroît
  • Ka Ni Kanichihk
  • Klinic Inc
  • Fédération des femmes du Québec
  • League of Persons with Disabilities
  • Les femmes en communications et technologie
  • Lions de la C.-B.
  • Male Ally Network Project, Sexual Assault and Violence Intervention Services of Halton
  • Man Up Against Violence/Université de Regina
  • Manitoba Association of Women’s Shelters
  • Manitoba Interfaith Immigration Council
  • Marcher dans ses mocassins
  • MAX Ottawa
  • Men’s Resource Centre of Manitoba
  • Ministère de la Justice du gouvernement du Nunavut
  • Mokami Status of Women Council
  • Moose Hide Campaign
  • MOSAIC
  • National Congress of Black Women Foundation
  • Native Women’s Association Northwest Territories
  • New Brunswick Mentor Apprentice Program
  • Newfoundland Aboriginal Women’s Network Inc
  • Newfoundland and Labrador Provincial Advisory Council on the Status of Women
  • Next Gen Men
  • North Forge Technology Exchange
  • Northwest Territory Federation of Labour
  • Nova Scotia Association of Black Social Workers
  • Odgers Berndston
  • Onashowewin Justice Centre
  • OpenNWT, Men for Change NWT
  • Passeport pour ma réussite
  • Pauktuutit Inuit Women of Canada
  • Pluri-elles
  • Programme Partenaires des jeunes
  • Projet jeunesse
  • Promundo
  • Public Legal Information Association de Terre-Neuve-et-Labrador
  • Rainbow Resource Centre
  • Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick
  • Regroupement pour la valorisation de la paternité
  • Réseau canadien du pacte mondial
  • Réseau d’action des femmes handicapées
  • Réseau d’action pour l’égalité des femmes immigrées et racisées du Québec
  • Ressources humaines, industrie électrique du Canada
  • Restorative Justice Department, Miawpukek First Nation
  • SafeTeen Violence Prevention Programs
  • Saint John Women’s Empowerment Network Inc
  • Santé arc-en-ciel Ontario
  • Scouts Canada
  • Services communautaires Stella Burry
  • Services de counseling New Start, Men’s Intervention Association
  • Settlement Assistance and Family Support Services
  • Sexual Assault and Violence Intervention Services of Halton
  • SMASH
  • Société des services communautaires interculturels progressifs
  • Sport Manitoba
  • St. Anthony and Area Boys and Girls Club Inc
  • StartUp Canada
  • Syndicat des métiers de la construction du Canada
  • Teen Talk
  • The Canadian Gay & Lesbian Chamber of Commerce
  • Thrive
  • Trans Support Newfoundland and Labrador
  • Transition House of Cape Breton in Sydney Nova Scotia
  • Unilever
  • Université de Brandon
  • Université de Calgary
  • Université de Toronto – Rotman School of Management
  • Université du Manitoba
  • Université du Québec à Montréal
  • Université McGill
  • Université Mount St Vincent
  • Université Simon Fraser
  • Université Western
  • Université Laval
  • Vancouver Women’s Health Collective
  • Victoria Sexual Assault Centre
  • Wabanaki Two Spirit Alliance
  • Warriors Against Violence
  • West Coast LEAF Association
  • Winnipeg Committee for Safety
  • WiseGuyz
  • Women in Resource Development Corporation
  • Women’s Network Inc
  • Y des femmes de Montréal
  • Yellowknife Women’s Society
  • YMCA du Grand Moncton Inc.
  • YMCA-YWCA Winnipeg
  • Youth Employment Services
  • YWCA de Montréal
  • YWCA de St. John’s
  • YWCA de Yellowknife
Date de modification :